Il est 20h44 heure française, et la keynote Apple s’est terminée il y a quelques minutes. J’ai eu la chance de la suivre dans d’excellentes conditions sur macplus.net, bien vu les gars !

Voici donc, à chaud, mon avis sur ce nouveau périphérique.

Matériel

  • Un processeur Apple (!) A4 à 1Ghz,
  • Wifi, Bluetooth 2.1, et emplacement sim pour 3G en option,
  • 16, 32 ou 64 Go de mémoire flash intégrée,
  • Écran 9,7 pouces avec une résolution de 1024 x 768 (132ppp),
  • Poids : 730 grammes,
  • Dimensions : 24,3 cm x 19 cm x 1,3 cm
  • Prix : entre 500 et 830$ selon les options (6 versions, une par capacité mémoire avec ou sans 3g)
  • Autonomie : 10h, 1 mois en veille
  • Date de disponibilité : sans 3g aux alentours du 1 mai, et 1 juin avec 3g

Rien d’extraordinaire, aucune révolution ici si ce n’est qu’Apple produit maintenant ses propres processeurs (ce qui n’est pas rien). Absence de webcam (pas de visio conférence), absence de ports USB (!!)… On est là face à un grand iPod Touch, et RIEN de plus côté harware, on ne va pas se mentir. Absolument rien d’enthousiasmant ici. Je suis objectivement déçu.

Le prix est donc déterminant, et à 500$, ils trouveront sans aucun doute une clientèle, mais je n’en fait pas partie.

Système d’exploitation et applications.

L’iPad n’a rien de révolutionnaire, du moins en apparence. On retrouve un périphérique mobile fonctionnant sous un système d’exploitation réellement proche de celui de l’iPod Touch / iPhone. Quelles applications peut-on installer ? Uniquement les applications déjà disponnibles sur l’Apple Store pour iPod/iPhone avec une adaptation de la résolution.

La synchronisation se fait via iTunes, en branchant l’iPad à votre ordinateur via USB, comme pour l’iPod. Le flash les enfants, ce n’est pas encore pour aujourd’hui. Et quoi qu’on en dise, le flash ne se limite pas à regarder des vidéos (à l’heure ou le HTML5 arrive, et c’est tant mieux), mais permet bel et bien du live streaming (comme Silverlight, souvenez-vous de Rolland Garos en direct), et la création de sites internet vraiment inter-actifs (advert gaming, …). L’absence de flash pose un autre problème (pas insurmontable) pour la publicité en ligne qui utilise beaucoup cette techno.

Il y aura bien sûr d’autre applications dispo à terme, la démonstration à été faite avec le New York Times, annoncées à un tarif aux alentours de 10$. Et c’est bien ici que semble être le coeur d’usage de l’iPad : le texte. La lecture est remise à l’honneur, notamment avec iBooks, la nouvelle boutique en ligne de livres, fournie par Penguin, Harper Collins, Simon & Schuster, macmillan et hachette book group.

Là, je trouve que c’est intéressant. La tablette est peut être un peu lourde, mais ses dimensions et la taille de l’écran sont parfaitement adaptées à un usage de lecture. Apple avec l’iPad entre en concurrence frontale avec Amazon et son Kindle, bien que le segment de prix ne soit pas tout à fait le même. La présence des couleurs sur cette dalle tactile multi touch donnera sur ce segment d’ebooks readers un avantage décisif, puisqu’il est maintenant possible de lire des BD, ou des oeuvres plus colorées.

Du côté des journaux, c’est LA véritable révolution que le secteur de la presse attendant pour récupérer de sa chute interminable, notamment auprès des annonceurs. On peut maintenant penser qu’un modèle économique dématérialisé pour la presse généraliste et spécialisée est envisageable, et ça, c’est une excellente chose.

Jeux vidéo

En ce qui concerne les jeux vidéos, un tel écran, accompagné d’un accéléromètre peut paraitre un régal, mais je me vois mal jouer à un jeu de voitures avec à bout de bras un objet pesant près d’un kilogramme. Peut-être pour iFit, à voir :wink:

Côté pro

Apple met un tout petit (mais alors tout petit) pas dans l’entreprise avec une version de sa suite bureautique iWork compatible avec cet iPad, ce qu’on ne peut qu’apprécier. Toutefois, évidemment, on ira pas loin avec un lecteur PDF, et un tableur / traitement de texte / outil de présentation fonctionnant avec des fichiers aux formats propriétaires fermés (bien qu’il existe une médiocre compatibilité entre iWork et Office).

Compatibilité des applications

En parlant de fermeture, je regrette amèrement qu’un tel outil soit verrouillé à l’Apple Store. Que ce soit clair, il vous sera tout bonnement impossible de lancer deux applications en même temps, ou même d’installer un Firefox ou un OpenOffice, chose évidemment bien plus facile sur un netbook à 300 euros, doté, rappelons le, de 12 heures d’autonomie, d’une connectique de très loin supérieure, et d’une puissance également bien au dessus.

Vous souhaitez développer sur iPad ? Vous devrez vous acquitter de plus de 90 euros par an … On est loin de l’ouverture, encore une fois.

Périphériques

Un clavier, sous forme de dock, permet de se servir de l’iPad (en mode vertical uniquement) comme d’un écran. Pratique pour répondre à un mail ou pour travailler avec iWork, mais soyons clairs, il ne remplacera pas votre poste de travail, ni par sa taille, ni par sa puissance, ni par son prix.

Quels usages ?

  • Un peu de travail bureautique,
  • Un peu de jeu (peu de puissance),
  • Un peu de web (consultation de mails, sites),
  • Un peu de vidéo (proportions de l’écran pas adapté aux standards actuels)?
  • Un peu de réseaux sociaux (twitter / facebook),
  • Un peu de musique (mais il est gros, disons en lisant les journaux)
  • Beaucoup de contenu écrit et multimédia, livres, journaux, bd, etc. On parle de livres aux alentours de 5$, quand au catalogue des titres disponibles dans notre langue, je n’ai pour le moment aucune information à ce sujet.

Conclusion

Points positifs

  • Écran doté d’une excellente finesse (ppp)
  • Autonomie annoncée correcte,
  • Nouveaux usages pour un périphérique digital,
  • Un nouveau souffle pour la presse ?

Points négatifs

  • Conectique absente (usb, sortie écran …),
  • Absence de webcam,
  • Environnement logiciel complètement verrouillé,
  • Pas de multi tâche,
  • Prix très élevé pour l’usage

Pour qui ?

Depuis 3 ans, j’ai un mac, et j’en suis globalement satisfait. Produit bien fini, bien intégré, possibilité d’installer Windows, Linux… Tout va bien. Là ou lancer un iPhone avec une interface tactile révolutionnaire justifiait la création d’un système d’exploitation adapté, et verrouillé (un téléphone et un lecteur mp3 nécessitent de la stabilité), le lancement d’un périphérique hybride, ou disons d’un genre nouveau, aurait du bénéficier du meilleur des deux mondes. Or c’est très loin d’être le cas. Je refuse que l’informatique se tourne vers des solutions propriétaires (bien que le format des livres numériques choisi soit un standard), ou les développeurs se doivent d’être fortunés en plus de posséder un mac, en plus d’attendre patiemment la validation opaque de leurs applications.

Il est toujours difficile de faire simple, mais on doit avouer que ce produit sera simple d’utilisation. Pour une clientèle n’ayant pas approché de trop près l’informatique, ce genre de périphérique pour traiter ses mails, rédiger un document et regarder des photos, ou lire des livres peut convenir. Sans doute le meilleur moyen pour mes grands parents d’accéder enfin à internet sans avoir à apprendre l’informatique. Et ça, c’est du tout bon.

En ce qui me concerne, je trouve l’iPad est TRÈS cher pour l’usage qu’il représente. Si un prix pareil laissait à l’utilisateur et au développeurs un réel choix, dans l’interface et les logiciels utilisés, ou même dans l’usage via la connectique, là je n’aurais rien à dire, et je tirerai mon chapeau. Au lieu de cela, ce soir, je suis déçu.

Et vous, qu’en pensez-vous ?